• LE DANIEN DE VIGNY (quatrième partie)

    ANALYSE BIBLIOGRAPHIQUE (suite)

     

    • Bryozoaires : 19 espèces figurées;

     

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    Quelques bryozoaires cyclostomes du Danien de Vigny. A : Diastopora  simplex, d'Orbigny, 1851,. B : Diastopora carinata, Levinsen. 1925, C : Diatopora irregularis, d'Orbigny, 1851. D et E : Imidronea filiformis, (d'Orbigny, 1851). F : Crisina cancellata, (Goldfuss, 1827). G : Crisina cf. carinata (Romer, 1841). H : Crisina lichenoïdes (Goldfuss, 1827). I : Spiropora verticillata, (Goldfuss, 1827). J: ?. K : Pustulopora sp. L et M : Theneonea disticha (Hagenow, 1851). N : Nevianopora subgracilis (d'Orbigny, 1850).

     

    Image1-copie-15.jpg Quelques bryozoaires cheilostomes du Danien de Vigny. A : "Onychocella" camerata, Balavoine, 1955 . B : Floridina impar, Voigt, 1930. C : "Membranipora"selandica, Berthelsen, 1962. D : cf. Aplousina cf. fulgora (Brydone, 1929). E : Callopora acuminella, Berthelsen, 1962. G : à gauche : Steraechmella vignyensis, Balavoine, 1955; à droite : Aechmella ou Onychocella... H : Callopora dumerilii Audouin var lata, Canu et  Bassler, 1920. 

     

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    Autres bryozoaires cheilostomes du Danien de Vigny. A : Aechmella sp. B: Pachythecella cf. anhaltina (Voigt, 1930). C : Semiescharinella sp. D: Aechmella miscrostoma, Marsson, 1887. E : Hioppoithoiae ind. F : Andriopora daniensis, Voigt, 1930. G : Porina salbrosa, Marsson, 1887. H : Pithodella bifoliata, Berthelsen, 1962. I : Tripostega flabellata, Balavoine, 1955. J : Porina n. sp. K : ind. (remanié de la craie à bryozoaires?). L : Leptocheilopora aff. latcostata, Berthelsen, 1962. M : Monoceratopora quadrisulcata (Hennig, 1892). N : Tricephalopora cerebus, Lang, 1922. O : Haplocephalopora uniceps, Lang, 1922. P : Tricephalopora cerebus, Lang, 1922.

     

    Si l'on retrouve à Vigny quelques bryozoaires connus dans la zone à T. bruennichi de Faxe (Floridina impar par ex.) aucun cheilostome ne se retrouve à Mons ni dans les assises rapportées au Montien (s.s.) du Bassin de Paris. Les bryozoaires caractérisent donc dans notre région un Danien bien différencié.

     

    • Brachiopodes 15 espèces dont 10 figurées : notamment Argyrotheca scrabicula, A. pindborgi et Megathyris bruenichi);

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    Quelques brachiopodes de Vigny : A : Crania (Danocrania) transversa, (Lundgreen, 1922) X 5. B : Crania (Danocrania) aff. tuberculata (Nilsson, 1927) X 5. C : Crania sp. avec Backhausina groenwalli. D : Backhausina groenwalli (B.-Nielsen, 1909) X5. E : Cretirhynchia faxensis (Posselt, 1894) X 2. F : Cretirhynchia plicatilis limbata (Schlotheim, 1813) remaniée. X 2. G : Cretirhynchia faxensis (Posselt, 1894) forme juvénile. X3. H : Magas pumilus, Sowerby, 1818 NON remaniée de la craie (bioclastes récifaux à l'intérieur). X 3. I : Terebratulina chrysalis (Schlotheim, 1813) var. danica n. var. (fide Meyer 1987) X 4. J : Argyrotheca scrabicula, (Koenen, 1885) connue aussi à Ciply. X4. K : Argyrotheca pindborgi, (B. - Nielsen, 1911) X 4. Megathyris bruennichi, (Rosenkrantz, 1944) X 4.

     

    Les brachiopodes constituent à Vigny un ensemble très significatif, tant du point de vue synécologique que stratigraphique. Les thécidés indiquent précisément le Danien moyen. On note aussi la persistance de genres abondamment représentés au Crétacé: Magas et Cretirhynchia... Si l'on ajoute à la liste des espèces figurées ici Carneithyris incisa (Buch, 1835) connue à Faxe alors que Terebratula cilpyensis Hanstein, 1879 (= T. bellovacensis, Lav.) si abondante dans les niveaux de base du Montien à Laversine reste absente. Les brachiopodes apportent la confirmation d'un Danien bien individualisé dans le bassin parisien....

     

    • Annélides 13 espèces dont 7 figurées;

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    Annélides du Danien de Vigny. A: "Serpentula" filiformis, B.-Nielsen, 1931 X3. B-C : Spirorbula aspera (v. Hagenow, 1840). X 5 D : "Spirorbula" parietalis, B.-Nielsen, 1931 X3. E : "Spirorbula" ascedens, B. - Nielsen, 1931 X3. F : "Serpentula" cf. alata, B.-Nielsen, 1931 X4. G : "Serpentula" quadrata, B.-Nielsen, 1931 X4. H : "Serpentula" fluctuata, (Sowerby, 1829), x4. I :  "Serpentula" ampullacea, (Sowerby, 1829) X4. J : Serpentula tripartita, B.-Nielsen, 1931 X 3. K : "Serpentula" tripartita, B. Nielsen sur Actinacis vignensis, All. et bryozoaires X 4. M : Glomerula gordialis (Schlotheim, 1820) X5. N :  "Serpentula" idmonoides, B. Nielsen 1931, X 5. O : Potamilla sp. terrier d'annélide dans la craie indurée. X 2. P : Polydora sp. terrier d'annélide dans la craie indurée. X2. Q : "Serpentula" aff. ampullacea (Sowerby, 1829). R : Très gros annélide indéterminé X 1/5. S : "Serpentula" sp.

     

    Les annélides très abondants à Vigny, comme à Faxe, sont, pour l'instant, sans intérêt stratigraphique. Les genres reconnus sont présents dans le Crétacé et ils persistent au Tertiaire. Du point de vue synécologique ils témoignent de supports résistants et variés. Les terriers de Potamilla et Polydora sont présents actuellement sur l'estran induré des falaises de Normandie... La craie indurée s'est donc formée dans l'estran, dans la zone de battement des marées.

     

    • 1 Amphineure (figuré);

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    Amphineure : Callistochiton sp. Plaque postérieure.

     

    • 45 espèces de Lamellibranches dont Septifer sp., Isognomon sp.; Plicatula follis, Spondylus faxensis; Clenoides holzapfeli, Chama (Cipliacella) pulchra (figurés);

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    A : Cucullaea (Latiarca) montensis (Vincent, 1930) espèce connue à Ciply ET à Faxe B : Barbatia (Arcopsis) brunnichi, Ravn, 1933 espèce connue à Faxe. C : Nucula sp. D : Acar lamellosa (Deshayes, 1858) var. supracretacea (d'Orbigny, 1848). E : Barbatia (Plagiarca) gravesi (d'Orbigny, 1848) dont on trouve de nombreux exemplaires avec les deux valves accolées...C'est une vraie Plagiarca! Les barres correspondent à 10 mm.

     

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    A : Brachidontes lineatus (Sowerby, 1836) (= Mytilus phoedra, d'Orbigny, 1848). B : Lithophaga ciplyana (Ryckholt, 1851). C : Botula similis (Ryckholt, 1851). D : Septifer sp. 1. E : Septifer sp. 2. Les barres correspondent à 10 mm.

     

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    A : Isognomon (Hippochaeta) inaequicrenata, (Cossmann, 1908). B : Neithea (Neitheops) grypheata (Schlotheim, 1820). C : Spondylus faxensis, Lundgreen, 1885. D : Plicatula megoera, (d'Orbigny, 1848). E :"Ostrea" sp. F : Acesta (Plicacesta) carolina (d'Orbigny, 1848). G : Ctenoides holzapfeli (Hennig, 1897). H : Pycnodonte vesicularis (Lamarck, 1806). Les barres correspondent à 10 mm.

     

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    A : Fimbria transversaria (Cossmann, 1908). B : Miltha (Recticardo) hannonica (Vincent, 1930). C : Chama ciplyensis (Vincent, 1930). D: Crassatella hellica, d'Orbigny, 1846. E : Ciplyacella pulchra, Ravn, 1902. F : Loparia ciplyensis (Ryckholt, 1854). G : Nemocardium ciplyense, Vincent, 1930. H : cf Gregariella sp. I : Gastrochoena sp. J : Jouannetia supracretacea, (Ryckholt, 1851). K : Pholadopsis montensis, Vincent 1930. Les barres correspondent à 7 mm.

     

    Des 45 espèces reconnues à Vigny, 18 se retrouvent à Faxe (soit 40%). La ressemblance est encore plus grande avec Ciply (64%). Et les espèces de Mons, bien moins nombreuses qui ont été reconnues à Vigny sont également présentes à Ciply... On observe donc à Vigny une mixité dano-montienne avec toutefois une prédominance des espèces daniennes...

    Les lamellibranches sont, de fait, d'assez médiocres indicateurs stratigraphiques.

    D'un point de vue synécologique on notera la faible proportion  des endobiontes et des espèces susceptibles de déplacement au profit des perforants représentés par 7 genres et des espèces fixées par cimentation ou par un byssus...

    Ciplyacella pulchra (Ravn) est un chame hyper spécialisé (attaches musculaires obscures, test vacuolaire) qui est abondant dans le Danien ET le Montien parisien (Bray-Lu, Issy-les-Moulineaux, Montainville, Laversine).

     

    • 103 Gastéropodes (dont Zeidora (Entomella) clypeata; Gibbula sp.; Monodonta (Osilinus) sp. : Pseudoliotina danse; Eoutillieria montensis; Bivonia sp. ; Chondrocerithium instabile; Campanilopsis uniplicatum, Campanile maximum, Ampullella lavallei; Tylostoma ampulla-riaeformis; Streptochetus supracretacea, Caricella grandis n.sp; Turricula stevenstrupii. Ces dernières espèces sont figurées;

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    Pleurotomaria (Conotomaria) penultima, d'Orbigny 1846 est une espèce abondante à Vigny que j'ai retrouvé à Ciply. Les barres correspondent à 10 mm.

     

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    A, B, C : Emarginula cilpyensis, Vinvent, 1930. D, E : Emarginula coralliorum, Lundgren, 1885. F : Diodora dolloi, (Cossmann, 1915). G : Diodora concentrica (Briart et Cornet, 1887). H : Zeidora (Entomella) cf. clypeata (Lamarck, 1803). Les barres correspondent à 7 mm.

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    A : Patella (Scutellastra) hebertiana, (d'Orbigny, 1848). B : Patelloïdomorphe ind. Les barres correspondent à 10 mm.

     

    Pour les gastéropodes j'incluerai les descriptions originales des nouvelles espèces que j'avais réalisé en 1985... et qui furent "pompées" par  J.M. Pacaud...

     

    NOUVELLE DESCRIPTION DE PATELLA (SCUTELLASTRA)HEBERTIANA, (d’Orbigny, 1848)(fide Meyer, manuscrit de 1982, confié à J.M. Pacaud en 1987,  jamais rendu)

    Helcion Herbertiana d'Qrbigny, 1850, B.S.G.F, (2), t, VII 

    Holotype; Coll. Hébert, éch, n° 103 (Fac  Jussieu, Paris VII)

    Matériel étudié; 50 exemplaires, dont 15 Moulages,

    DESCRIPTION 

    Coquille patelliforme, épaisse, de grande taille. Sommet plus ou moins élevé, émoussé, décentré postérieurement, aux 2/5 de la longueur. Ornementation extérieure: côtes radiales plus ou moins bien dessinées, onduleuses. On compte en doyenne sur les grands échantillons 12 cites principales entre lesquelles s'insèrent 2 à 3 costules secondaires… Stries de croissance assez nettement marquées, formant parfois de forts bourrelets et donnant à la coquille un aspect variqueux, bosselé, irrégulier. Le bord libre, lisse, montre un contour ovale, plus ou moins comprimé dans sa partie antérieure. Empreinte musculaire en fer à cheval, située approximativement à la moitié de la hauteur interne, formant une bande large et constante, profondément marquée. Les extrémités de l'empreinte musculaire biseautées, reliées par un sillon assez profond toujours nettement dessiné. Dimensions du plus grand échantillon, Longueur; 78 mm; largeur; 67 mm; hauteur 30 mm.

    COMPARAISONS

    Dès 1949 A, Chavan avait montré que les « Patelles » de Vigny ne pouvaient être rapportées, ainsi que l'avait proposé d'Orbigny en 1850, au genre Helcion. Celui-ci regroupe, en effet, des formes au test peu épais, généralement peu orné, dont le sonnet arrondi est toujours marginal et dont les branches de l'impression musculaire ne sont pas jointes par une ligne. Chavan avait proposé de rapprocher l'espèce de Vigny des genres Anisomyon, Heck & Haden, 1876 et Brunnotia, Huiler, 1898. Il considérait donc notre espèce comme étant un REPRESENTANT PRIMITIF DES SIPHONARIIDES et il notait la ressemblance de celle-ci avec Siphonaria antiqua, Binkhorst, 1861 (p, 61, pl IV, fig 2 a,b,c), trouvée dans le Maastrichtien. II suggérait, en conséquence la création d'un nouveau genre pour les espèces maastrichtiennes et daniennes,

    La comparaison avec les Brunotia du Sénonien d'Allemagne et avec le Siphonia antiqua n'est, à mon avis, pas satisfaisante. Chez Brunnotia, sur d'autres Siphonariidés (Rhitidopilus, Cossmann, Berlieria, de Loriol), comme chez Siphonia antiqua, on n'observe aucune ornementation radiale et l'apex est différent de celui, toujours émoussé, de P. hebertiana. De plus les exemplaires de Vigny ne montrent jamais l'interruption latérale de l'empreinte musculaire liée au pneumostome.  D'où vient cette confusion ? A, Chavan s'est servi, pour sa détermination, de moulages de l'empreinte externe (éch. n° 103 de la coll. Hébert, annotations manuscrites de Chavan). Or ceux-ci, ayant conservé leur couche cristalline externe, ne permettent pas de restituer l'aspect externe de la coquille. Les cotes rayonnantes sont atténuées tandis que l'ornementation concentrique est accentuée. L'allure de la coquille en est complètement modifiée!Les échantillons restitués par moulage, ceux dont le test est partiellement conservé (structure calcitique foliacée croisée) ou qui ont été épigénisés permettent d'observer 1'ornementation originale de la coquille. Les moules internes naturels montrent, quant à eux, l'empreinte musculaire… On constate que les côtes radiales, variables dans leur relief, très irrégulières, ne montrent pas  de costule épaisse et large correspondant à l'interruption pneumostomale de l'empreinte musculaire des Siphonariidés. On n'observe pas de gouttière pulmonaire et aucune dissymétrie latérale. De plus, le genre Siphonia est actuellement rare en milieu récifal. Les comparaisons ont été faites avec les espèces suivantes; Siphonia laubrieri, Cossm,, Thanétien; S, liancurtensist Cossm. Yprésien; S, crassicostata, Desh., Bartonien; S, laticostata, Linné. Actuel,

    Je rapporte l'espèce de Vigny au Genre Patella Linné, 1758; sous-genre Scutellastra, H, & A, Adams, 1854, en raison de sa forme, de son ornementation, et parce que, comme chez les représentants actuels du sous-genre (par exemple P, (S.) laticostata, Blainv, 1825) l'empreinte muscuculaire, typique des patellidés, est jointe postérieurement par une ligne bien marquée. La nature minéralogique des échantillons conservés (calcite), la taille et le milieu de vie qui sont comparables à ceux des formes actuelles constituent d’autres arguments pour rapporter l’espèce de Vigny au genre Patella, sous-genre Scutellastra.


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